Le point sur les scandales sexuels à Hollywood

L’année 2017 a été marquée à sa fin par l’un des plus grands scandales sexuels qu’ait jamais connus l’industrie du cinéma américain. Et en ce début d’année, la vague de dénonciations continue toujours de créer des émois au sein de la communauté cinématographique. Retour sur une omerta qui a pourtant servi à libérer la parole de nombreuses victimes !

L’affaire Weinstein, l’évènement déclencheur

Le mois de novembre 2017 a été celui de la consternation. En effet, à la suite de la publication du New York Times qui exposait les inconduites du producteur Harvey Weinstein, le monde apprenait un peu plus sur les coulisses sombres d’Hollywood. Accusé de harcèlement sexuel et même de viol, le producteur a été déchu de son trône de magnat du cinéma. Très vite, une centaine d’actrices rejoindront les témoignages de :
  • Angelina Jolie ;
  • Rose Mc Gowan ;
  • Asia Argento.
L’histoire glaçante de l’actrice française Emma de Caunes achèvera de convaincre l’opinion publique sur le comportement licencieux du producteur.

Toutefois, l’affaire était déjà connue officieusement des professionnels de la caméra. Si beaucoup ont choisi de fermer les yeux délibérément sur le sujet, d’autres ont essayé de l’étouffer. De ce fait, le producteur lui-même tentera d’acheter le silence de certaines actrices. Harvey Weinstein fera même l’objet d’une enquête de journalistes dont les recherches seront censurées sous la pression d’acteurs comme Matt Damon ou Russel Crowe.

Des mouvements symboliques

Le scandale Weinstein a créé une onde de choc et a produit des effets retentissants sur le Web. Des threads ou des mots clés comme #MeToo ou encore #BalanceTonPorc ont été créés afin de permettre à des milliers de femmes de partager leurs tristes expériences sur les réseaux sociaux. Entre les remarques désobligeantes et sexistes, les attitudes insistantes, les harcèlements, les agressions et les viols, force est de constater que la gent féminine n’a jamais été aussi malmenée. Il y a quelques semaines, le mouvement Time’s Up a été lancé afin de recueillir des fonds pour défendre au mieux les intérêts des femmes. À cette occasion, les acteurs et actrices d’Hollywood ont mis à l’honneur le noir comme dress code lors des Golden Globes. Ces actions symboliques ont eu pour objectif de relancer le débat et d’instaurer de véritables actions afin d’endiguer ce problème qui affecte tous les milieux de travail.

Une descente aux enfers insoupçonnée

Si le cas Weinstein semble autant au cœur des conversations, c’est parce qu’il a permis non pas forcément la répression judiciaire du « Tout-Puissant » du cinéma américain, mais son bannissement de tous les clubs qui lui ont fait confiance. Ainsi, le producteur a donc été viré de sa propre société Miramax, chassé de la Guide des producteurs américains et déclaré persona non grata dans le monde cinématographique. Ces allégations ont libéré la parole de nombreuses femmes. Dénommées « silence breakers » par le magazine Times, ces femmes ont su se libérer du joug de l’oppresseur en dénonçant les abus du star-system. Conséquence :  Ed Westwick de la série Gossip Girl, Kevin Spacey de la série House of Cards, Steven Seagal, Michael Douglas ont tous été éclaboussés par les allégations d’acteurs et d’actrices qui les ont accusés d’agression ou de harcèlement sexuel.

Les dernières dénonciations en date mettent en évidence les acteurs James Franco et Anziz Ansari. Le premier a d’ailleurs pourtant manifesté pacifiquement lors des derniers Golden Globes pour le mouvement Time’s Up. Si certaines accusations ne permettent pas dans l’ensemble de déclencher des poursuites judiciaires, elles ont néanmoins l’impact de jouer un grand rôle sur la carrière des intéressés. Ainsi, certains se sont vus refuser des contrats ou ont dû annoncer leur départ précipité d’un quelconque projet cinématographique.

Des mesures salutaires

Face à l’ampleur de la situation qui ne cesse de connaitre régulièrement des rebondissements, la procureure de la ville de Los Angeles a annoncé en décembre 2017 la création d’une cellule spéciale. Cette dernière, constituée de procureurs expérimentés en matière d’abus sexuels, pourra permettre d’étudier en profondeur tous les cas relatifs à cette brûlante question.

Un des grands avantages de ce scandale aura été de changer le regard de la société sur ce type d’hommes. La question des violences sexuelles est plus que jamais présente dans les débats. D’ailleurs, à l’heure où ces lignes sont écrites, la sempiternelle interrogation de la responsabilité du réalisateur Woody Allen vient d’être remise sur le tapis. S’il y a de fortes chances pour que ce dernier ne subisse aucune poursuite pénale, il se pourrait que ses jours dans le métier soient comptés.

En fin de compte, tout dépendra de la force de l’opinion publique dans ce milieu très controversé qu’est Hollywood.